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Une campagne anticapitaliste comme première pierre d’un nouveau mouvement

, par Alexandre Raguetmardi 7 février 2017

Quelques réflexions sur la période et mon choix de participer activement à la construction d’une campagne anticapitaliste comme la première pierre d’un nouveau mouvement.
Alexandre Raguet,

Parti, mouvement et luttes

Nous vivons une période assez difficile. La crise politique est aujourd’hui aigue. En réalité, rien ne se passe comme on voudrait – ou comme on pensait, pour être précis. Alors que Juppé était le grand gagnant de la présidentielle dans tous les sondages depuis un an, c’est finalement Fillon, totalement outsider, qui s’est imposé à la primaire de droite. Et, alors que tout le monde pensait que Fillon gagnerait sans trop de difficultés la présidentielle, le FillonGate est en train de rebattre les cartes.
A gauche, c’est pareil. Les sondages et pronostiques pour la primaire donnaient un Montebourg et un Valls en tête. Et c’est là encore un outsider, Hamon, qui l’a emporté

Dans le même temps, les dynamiques Mélenchon et Macron montrent que le PS n’est plus le seul pôle d’attraction à « gauche ».
Toutefois, la victoire de Hamon (comme celui qui était le plus à gauche dans les candidats à la primaire) met à mal la candidature de Mélenchon pour les Insoumis et de Jadot pour les écologistes. Les écologistes n’ont plus d’espace politique, et Mélenchon en perd une partie, ce qui lui barre la route à toute possibilité d’être au second tour – possibilité qui était en réalité déjà improbable.

La période est mouvante : Fillon sera-t-il candidat ? Combien y aura-t-il de candidats à gauche ? Quelles conséquences auront les « affaires » sur le vote FN et l’abstention ? Qui aura ses parrainages et qui ne les aura pas ? à ces questions, personne ne peut vraiment répondre. Et nous, à notre échelle, ne pouvons pas réellement jouer sur ces rapports de forces là.

Ils ne nous représentent pas : prenons nos affaires en main ?

En réalité, il n’y a rien de bien étonnant au fait que ce soit le bordel. La classe politique est totalement désavouée, rejetée, que tout est utilisé par les populations (lorsqu’elles le peuvent) pour foutre en l’air ce qui apparaît comme « système ».
A droite et à l’extrême-droite, l’antisystème c’est choisir celles et ceux qui sont contre le « politiquement correct », c’est-à-dire les plus racistes, sexistes, homophobes.
Au centre, ça consiste, à travers Macron, à choisir un candidat hors-parti, mais défendant les intérêts de la bourgeoisie.
Hamon, en étant le plus à gauche, a su représenter, durant la primaire, un vote anti-gouvernemental (malgré toutes les limites légitimes sur le fait qu’il fût lui-même ministre).
Enfin, Mélenchon, dans sa posture d’homme au-dessus des partis et contre la caste, partisan du « dégagisme », arrive à capter une part de la jeunesse et du vieux mouvement ouvrier nostalgique du grand PCF, ou à la recherche de « l’unité ». Néanmoins, le caractère clivant de Mélélenchon lui coutera cher face à celui, plus lisse, de Hamon. Les sondages le montrent déjà.

Mais quel sera le poids de l’abstention là-dedans ? Le mouvement contre la loi travail, les ZAD, les luttes antiracistes et pro-migrants, ont montré un rejet global de la politique politicienne. Et une bonne part de ces militants, parmi les plus actifs aujourd’hui, ne se retrouvent pas dans le champ politique tel qu’il est proposé. Il faut donc construire autre chose. Là-dessus, tout le monde se retrouve. Mais, là où les désaccords apparaissent, c’est lorsque l’on pose la question : quoi, et avec qui ?

Un parti ? Oui, je pense qu’il nous faut un parti anticapitaliste. Pas un parti pour l’addition des groupes révolutionnaires, mais un parti pour porter une perspective révolutionnaire, ouverte, unitaire, disponible aux luttes et aux expériences nouvelles.
Un mouvement ? Sans doute, oui, un mouvement. Pour rassembler plus largement les différentes traditions militantes, de manière pluraliste, et pour viser à une organisation de masse.

Des luttes ? Elles sont nécessaires ! Car sans elles, comment construire un parti, comment construire un mouvement ?

Avec cela en objectifs, comment se positionner aujourd’hui ?
Il y a plusieurs possibilités pour nous.

- Une qui dit qu’il faut un candidat unique de la gauche, le rassemblement Hamon-Jadot-Mélenchon. Doit-on y participer ? Je ne le crois pas. Participer à une nouvelle gauche plurielle me semble extrêmement contre-productif si l’on croit 1 minute à ce que l’on raconte depuis des années, et en particulier depuis des mois, concernant la nouvelle expression politique et la question des deux gauches.
- Une qui dit qu’il ne faut pas participer à la mascarade présidentielle et, en gros, se tourner vers celles et ceux – les plus déterminés – qui refusent le système capitaliste et veulent en découdre dans la rue (les anticapitalistes). Cette position nous coupe d’une partie – toute aussi déterminée – de militants qui votent encore et croient aux élections.
- Une dernière enfin qui consiste à être attentifs à ces débats de recomposition, y compris hors des cadres électoraux, et à présenter un candidat qui défende des perspectives de luttes, de rassemblement, et un programme de revendications d’urgence sociales et écologistes (et démocratiques).

Je suis pour ma part très largement partisan du troisième point. Car être dans un des deux autres choix stratégiques nous coupe d’une partie du mouvement ouvrier. Bien sûr, nous allons être minoritaires et nous serons rejetés par une partie des personnes refusant les élections coûte que coûte – et dans l’autre sens le vote utile sera fort. Mais nous aurons une tribune pour faire de la politique. Avoir un candidat du NPA ne veut pas dire « se replier sur soi ». Ce genre de campagne nous mènerait directement à la fin du projet du NPA, et à la fin d’un parti anticapitaliste ouvert.
Mais ne pas avoir de candidat aujourd’hui nous mènerait tout autant à cette fin, car nous ne serions pas d’accords pour mener une politique et certains feraient même la campagne de LO.
Avoir les 500 parrainages me semble être essentiel. Participer à tous les débats possibles – y compris intellectuellement (pourquoi pas un site « Anticapitalistes ! ») - avec tous les courants réformistes, révolutionnaires, écologistes, communistes, autonomes (lire l’excellent article d’Ugo P. dans la Revue du Crieur). Organiser partout des réunions-formations, de type « éducation populaire », sur l’internationalisme, l’écologie, le féminisme, la lutte des classes. Reprendre des initiatives militantes, en construisant des lieux de solidarités concrètes : soupes populaires, squats, aides aux migrants et réfugiés, ZAD, ré-investir les collectifs, syndicats, associations, clubs, bars militants…
Voici quelques axes qui me paraissent possibles pour nous dans les prochaines semaines, et qui permettront que vive le mouvement ouvrier, plutôt que de se mettre à la remorque de la gauche plurielle nouvelle génération.

Alexandre Raguet,
Poitiers, le 1 février 2017.

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