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Le Front de Gauche et les retraites : Mélenchon est pour les 40 ans de cotisation !

, par Antoine (Montpellier)vendredi 20 janvier 2012

par Antoine (Montpellier)

Nombreux ont été les militants du PCF ou du PG à avoir participé au grand mouvement pour la défense des retraites en 2010. Au coude à coude avec les membres du NPA et d’autres organisations anticapitalistes, avec les syndicalistes et les sans partis ni syndicats, ils ont été de toutes les manifestations, parfois des coordinations qui se battaient pour l’extension du mouvement. J’ai en particulier le souvenir de ces pancartes et banderoles syndicales, tenues parfois par ces mêmes militants, qui revendiquaient les 37,5/60/75 [37,5 années cotisées/ retraite à 60 ans/avec 75% du salaire], le vieux triptyque du mouvement social que la CFDT avait abandonné depuis longtemps et la CGT plus récemment pour ce qui est des 37,5.

Il reste de ce mouvement qui a échoué des images où la radicalité revendicative pouvait être incarnée par Olivier Besancenot ou Jean-Luc Mélenchon, même si on avait vite compris que celui-ci restait dans la roue des directions syndicales qui pourtant épuisaient le mouvement à coup de manifs rituellement répétées en discontinu sans jamais poser que cette réforme des retraites devait être purement et simplement retirée. Je passerai sur la précipitation avec laquelle Jean-Luc Mélenchon avait essayé, avec l’appui de la revue Politis, de faire rentrer le mouvement dans le moule institutionnel d’un référendum sur les retraites par ailleurs totalement irréalisable dans l’état des textes législatifs en vigueur à ce moment-là ! Ce que je veux souligner ici c’est que beaucoup de militants du Front de Gauche peuvent avoir l’impression d’avoir été alors à l’unisson de leur dirigeant, bientôt candidat à la candidature pour la présidentielle, quand ils disaient et affichaient leur fidélité au dit triptyque des 37,5/60/75.

Mais voilà, à cette présidentielle, dans Le programme du Front de Gauche (et de son candidat commun) Jean-Luc Mélenchon (sous-titré L’humain d’abord), il s’est produit un rétrecissement revendicatif : le triptyque de 2010 est devenu un diptyque ! Exit les 37,5 ! Nous lisons p15 : "Nous rétablirons le droit à la retraite à 60 ans [cest moi qui surligne] à taux plein (75% du salaire de référence) pour toutes et tous [...] Aucun salarié ne touchera une retraite inférieure au Smic". On s’interroge pour savoir quand et par quelle procédure, suite à quel débat, s’est produit cet abandon d’autant plus étonnant que la droite a longtemps envisagé de mettre sur orbite sa contre-réforme précisément en ciblant la question des annuités sans toucher par exemple aux 60 ans. Nous avons eu ainsi droit à l’imposition fillonesque des 40 puis des 41 annuités (avec quand même, en bout de course, l’attaque sur les 60 ans !). Cette stratégie de la droite un temps ciblée sur les annuités est bien le signe que l’on ne peut pas impunément s’affranchir de poser la question de la durée de cotisation en s’en tenant aux seules revendications 60/75.

Et pourtant le programme du Front de Gauche procède bien à ce qui s’apparente à une "forclusion" des 37,5, laquelle forclusion, si nous filons, certes bien superficiellement, la métaphore psychanalytique, produit une situation des plus "délirantes" ! D’autant plus délirante que, par la bande, Jean-Luc Mélenchon, habituellement peu disert sur le sujet, se lâche parfois, comme lors de ce débat du 6 décembre...2010 ( !) avec le social-libéral Michel Sapin et quelques autres, pour nous servir un plat inattendu d’infraradicalité ! Les caméras étaient là puisqu’il s’agissait d’un débat télévisé mais la saillie rétropédalante sur la durée de cotisation a pu passer inaperçue tellement la radicalité bouillonnante du bonhomme a tendance à crever l’écran au sens qu’elle vous empêche de voir-comprendre-entendre certains détails, et non des moindres ! Aussi vaut-il la peine de voir la vidéo suivante : L’invité de Mots Croisés. Visionner à partir de 54:35. On peut voir ici aussi : Jean-Luc Mélenchon à "Mots Croisés" le 06/12/2010

Oui, vous avez bien entendu : comme en passant, sans avoir l’air d’y toucher, comme si c’était des plus naturels, mais en donnant le change par houspillage du social-libéral de service, Mélenchon nous dit qu’il faut cotiser 40 ans !

Alors, soyons précis, il ne convient plus en fait de parler de rétrécissement par le Front de Gauche du triptyque de référence sur les retraites mais de sa substitution par un nouveau triptyque : 40/60/75. On remarquera cependant l’art de l’ellipse qui réserve à un aléatoire plateau télévisé et quelques rares déclarations dans la presse écrite cette mutation "frontdegauchère" de la vieille revendication sociale et qui dispense le programme officiel, largement diffusé, du candidat Mélenchon d’assumer fièrement ce qui, on le suppose, doit pourtant être une décision mûrement réfléchie. On se prend qiand même à pointer qu’il y a là une faille dans la transparence si souvent mise au coeur de la revendication d’une "révolution citoyenne" restituant le pouvoir au peuple ! Je trouve même, pour tout dire, que tout cela relève, indépendamment d’une analyse de la portée du changement, d’un escamotage pur et simple, en contrebande, d’un des marqueurs décisifs de la défense historique du salariat face au capital ! Jean-Luc Mélenchon et les autres dirigeant-e-s du Front de Gauche, on ne joue pas avec désinvolture avec une revendication aussi essentielle pour le "salaire continué" que la durée de cotisation ! On peut certes actualiser des revendications mais en posant clairement en quoi cette actualisation, pour le coup une augmentation des annuités, est bénéfique pour ceux que l’on prétend, à grands cris, défendre ! Où est cette démonstration "radicale" que passer de 37,5 annuités à 40 est à l’avantage du peuple ? Où est la démonstration, ratée par certains thuriféraires du FdG interrogés sur le problème, que 40 annuités "ça n’aggraverait rien" puisque l’on conserve les 60/75 avec en prime le garde-fou qu’aucune retraite ne passerait en dessous du Smic !

A ce stade de l’interpellation il est utile de rappeler ce qu’un...socialiste, certes membre de l’aile gauche du PS et quelque peu emberlificoté dans les jeux internes de son social-libéral parti, écrit en spécialiste reconnu des retraites. Mais un spécialiste reconnu militant clairement pour les droits des travailleurs. Gérard Filoche, puisqu’il s’agit de lui, a récemment fait une piqûre de rappel des plus utiles sur les retraites. (1) Et il n’hésite pas à poser l’incroyable, par comparaison avec l’ellipse contrebandière de Jean-Luc Mélenchon, point n° 36 de ses 50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote ! : "Il ne faut vivre pas moins bien que nos parents : retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait encore Lionel Jospin en juin 1997)". Disons-le, face à ce positionnement d’un socialiste "atypique", n’hésitant pas à procéder à une actualisation dans le bon sens, celui des 35 annuités, le programme à non-dit du Front de Gauche fait pâle figure et le choix des 40 annuités par Mélenchon apparaît comme une aberration si tant est que la défense et l’extension des droits des salariés reste sa priorité ! On soulignera surtout la justesse/justice sociale de ce qui fonde la proposition de Gérard Filoche à l’évocation de son idée de ce qui doit guider la détermination de la durée de cotisation retraite : [à propos des annuités :] Le gouvernement parle de monter à 41 ans, alors que, dans la vie réelle, la durée moyenne des annuités a baissé à 36,5 ans. Moi, je suis pour retenir la moyenne réelle de la durée du travail en France. Quand on dit aux gens de faire 41 ans, c’est une escroquerie : ils n’y arrivent pas. Le seul résultat des 40 ans, aujourd’hui, c’est que les retraites baissent. Un tiers des gens continue à travailler après 60 ans." (2) "En pratique, dans la vie réelle, licenciements et chômage des « seniors » font que la durée de cotisation baisse au lieu d’augmenter ! La moyenne des annuités cotisées a baissé vers 36 annuités. Cela fait un « gap » de 5,5 ans de décote négative. Cela se traduit par un véritable pillage des retraites pour des millions de salariés qui voudraient partir à…62 ans ! C’est purement de l’escroquerie de demander aux salariés de travailler 41,5 annuités alors qu’on sait qu’ils ne peuvent pas : qu’ils sont en moyenne de facto limités à 36 annuités !

Il y a une autre solution, juste : indexez donc le nombre d’annuités cotisées exigées sur la moyenne des annuités réellement effectuées par les salariés dans la vie réelle ! Si vous parvenez à baisser le chômage dans la vie réelle, à éviter le licenciement des seniors vers 55 ans, si vous augmentez la moyenne réelle des cotisations, de 36 vers 37, vers 38 ou 39 ou 40 annuités, faites des décrets en conséquence ! Mais ne fixez pas des objectifs inatteignables pour l’immense majorité des salariés, sachant cyniquement que le seul résultat ne sera pas de les faire travailler plus mais de les faire gagner moins." (3)

La leçon de bonne politique anticapitaliste administrée ici gagnerait à être méditée du côté du Front de Gauche. Elle est d’autant plus cuisante et paradoxale qu’elle vient du PS depuis une position contradictoire avec celui-ci. Mais ce mystère, à première vue déroutant, ne met que plus en relief la carence des partisans d’une révolution, certes, par les urnes, sur une question extrêmement sensible dans le peuple de gauche !

Pour conclure : je ne peux m’empêcher de voir dans ce virage elliptico-contrebandier du Front de Gauche sur la durée de cotisation qu’une explication. Rester, comme par exemple le syndicat Solidaires, attaché aux 37,5/60/75 en un tout indissociable, qui plus est en procédant à la bonification anticapitaliste de 35 annuités proposées par Filoche, ce serait pour le Front de Gauche faire une croix sur une éventuelle alliance avec le PS. Il est en effet impensable que la social-libéralisation avancée du PS le fasse revenir sur l’allongement, y compris à 41 annuités, des cotisations. Je ne peux m’empêcher donc de voir dans cette "modération" du Front de Gauche un nouveau signe, bien masqué pour les besoins d’une campagne électorale-électoraliste tonitruante où il faut absolument se faire sa place, au premier tour, contre le PS, que le Front de Gauche travaille à capter la radicalité rentrée des salariés frustrés de l’échec de 2010 pour se faire éventuellement (rien n’est sûr encore) sa place ...aux côtés dudit PS après les élections ! Au moins pour ce qui est de sa principale composante, le PCF qui "travaille" déjà (avec quelques autres antilibéraux) dans les collectivités territoriales en un front uni bien peu radical avec les socialistes. Au détour de ce "détail" des 37,5 ou 35 ou 40, se profile une lourde donnée de la lutte des classes (les retraites) et une grande mystification politique (un remake de l’union des gauches) dont, comme de bien entendu, la déconstruction vaudra à son auteur l’accusation archiclassique de faire le jeu de l’ennemi alors que, de toute évidence, être pour les 40 annuités revient à s’aligner sur une mesure phare de la droite, vite entérinée par le PS, dépassée, cap sur les 41 (41,5 !), par la droite, avant que le PS ne la rattrape à son tour ! Perversion des mots, perversion de la politique, la gauche a pourtant beaucoup donné sur ce terrain (ah ! le Mitterrand cher à Mélenchon !), la droite en a toujours profité et, désormais, l’extrême droite est en embuscade ! Le Front de Gauche ne promettait-il pas de faire de la politique autrement ?

(1) 50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote !

(2) Gérard Filoche, trublion du PS sur le dossier des retraites

(3) Décret scélérat et mensonger pour 41,5 annuités de cotisations retraite alors que les salariés en font 36 en réel en moyenne

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Le Front de Gauche et les retraites : Mélenchon est pour les 40 ans de cotisation !

Clarté à gauche pour (com)battre la droite

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15 Messages de forum

  • En complément de ce qui est écrit dans cet article :

    Preuve que c’est bien le coeur du Front de Gauche qui porte en sous-main les 40 annuités de cotisation par lesquelles la droite a cassé, avec l’approbation du PS, les 37,5, voilà la déclaration que fit, devant les caméras, avant même la bataille des retraites (juillet 2010), le dirigeant national du PC :

    http://vdr.pcf30.over-blog.com/article-pierre-laurent-secretaire-national-du-pcf-aux-quatre-verites-de-france-2-video-54194606.html

    Il faut cliquer sur 02:10 pour entendre ce qui nous intéresse : Pierre Laurent est lui aussi pour les 40 annuités puisque pour lui "travailler 40 ans paraît tout à fait possible et normal" !

    Dommage que ni lui ni Mélenchon n’aient poussé à ce que cela soit écrit noir sur blanc dans le programme officiel du Front de Gauche ! Par temps d’élections l’’ellipse c’est tellement plus...comment dire...

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    • C’est très dommage en effet. Je voterai quand même pour lui ;-)

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      • Extraits de quelques précisions que j’ai été amené à donner sur les retraites sur un autre fil.

        Antoine ................................

        Si, dans le cadre posé par le FDG, tu arrives à 60 ans en n’ayant que 35 annuités (cas de celui qui a commencé à travailler/cotiser à 25 ans) au lieu des 40 insidieusement exigées par ledit FdG, ta retraite à taux plein à 75 % reviendrait effectivement à :

        140 trimestres (= 35 annuités) / 160 (= 40 annuités) X 75 % = 65,6 %.

        Tu perdrais un peu moins de 10 points sur ce que tu aurais gagné si tu avais pu arriver à 60 ans avec les 40 annuités exigées. Il ne te resterait plus qu’à prolonger ton activité pour arriver au taux plein, ce qui relativise la croyance que 60 ans "serait" l’âge effectif de départ à la retraite ! Avec le FdG pour avoir ta retraite pleine, au vu de la réalité des durées de cotisation actuelles, tu es obligé d’aller largement au-delà de la barre des 60 ans. Beaucoup de "croyants" du FdG risqueraient d’être déçus quand ils constateraient que 60 ans cela signifierait une pension bien en dessous des 75 % qu’ on leur fait miroiter !

        Si on rétablit les 37,5 annuités et si tu n’avais que 35 annuités à 60 ans, tu aurais :

        140 trimestres (= 35 annuités) / 150 trimestres (= 37,5 annuités) X 75 % = quasiment 70 % soit - 5 points. Ce qui n’est pas satisfaisant !

        Si, en revanche, on retient la proposition de Filoche, on a : 140 trimestres (= 35 annuités) = 75 %. Tu pourrais partir, pour de vrai, à 60 ans, en n’ayant cotisé "que" 35 ans, à, pour de vrai, taux plein ! Voilà ce que porte le triptyque 35/60/75 au lieu du (40)/60/75 du FdG. Les parenthèses étant là pour dire la clandestinité des 40 annuités "frontdegauchères" !

        La suite ci-dessous

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        • Suite (Antoine)

          Pour compléter : à toutes fins utiles il faudrait intégrer au calcul du montant de la retraite le maintien ou pas des décotes actuelles qui ajoutent de la pénalité à la pénalité pour ceux qui ne sont pas dans les clous des exigences légales pour l’obtention d’une retraite pleine. Il y a aussi la question de savoir comment est calculé le SAM (le salaire annuel moyen) qui sert de base aux 75 % : le FdG prévoit-il un SAM calé sur les 10 meilleures années ? Je n’ai rien lu sur ces points dans ses documents. Merci d’apporter, le cas échéant, les précisions qui m’auraient échappé.

          Toutes ces données techniques sont essentielles, même si, en dernière instance c’est bien le politique qui est déterminant : le choix caché du FdG de jeter aux orties les 37,5 annuités est avant tout un choix politique de rupture avec la volonté de construire une offensive en faveur d’une substantielle avancée sur le salaire continué que sont les retraites ! C’est cette démission qui, sur ce point comme sur d’autres, établit les bases d’une convergence du FdG (ou d’une de ses parties) avec le PS, convergence qui n’est certes pas acquise. Mais déjà travailler à laisser la possibilité qu’elle ait lieu explique le sens profond du refus du FdG de faire l’unité avec le NPA dont la première exigence était justement que soit actée l’impossibilité de converger avec un parti "de gauche" qui fait désormais partie de l’ordre capitaliste.

          La suite ci-dessous.

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          • Suite (Antoine)

            Tout ceci est bien révélateur de ce qui est à l’oeuvre dans la stratégie de la mélenchonienne "révolution par les urnes" : 1/ une récupération rhétorique de la radicalité sociale que l’on accompagne, quand elle occupe les rues, en docilité totale avec des directions syndicales qui n’ont qu’un objectif, le blocage d’une "révolution par les rues" ; 2/ l’intégration institutionnelle de la radicalité sociale par la délégation de pouvoir à des élus de gauche dont la "radicalité" est bornée par les (im)possibilités même des jeux d’alliances de "la" gauche ! L’idée que, d’une manière ou d’une autre, le mouvement social soit/doive être le coeur de l’alternative au capitalisme est étrangère au FdG : en ce sens il est l’héritier le plus à gauche de ce qui reste le réformisme socialiste. Le mitterrandisme revendiqué de Mélenchon n’est pas une anecdote : il est un identificateur clé de sa stratégie et de celle du FdG, quelles que soient les nuances existant entre les partis qui le composent et qui empêcheront peut-être certains d’aller à la soupe socialiste.

            Voilà en résumé ce qui se trame derrière la technicité de la question des retraites. Les 40 ans ont à voir avec d’autres années, les années Mitterrand même s’il faut toujours rester attentif aux innovations qui recouvrent l’identique.

            A suivre

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            • Quand on se prétend radical, révolutionnaire, intransigeant avec la finance, etc. c’est jouer petit bras que de se contenter de pénaliser un tout petit peu moins que la droite sur les retraites. Car, en faisant l’impasse sur les annuités, sur un retour aux 37,5, cap sur les 35, le FdG entérine la régression globale des retraites opérées par la droite. Même si les plus petites retraites seraient revalorisées par le filet du Smic, les retraites qui sont au-dessus de cette barre seraient bel et bien pénalisées par le maintien de la réforme fillonesque des annuités ! L’attaque sur la masse des retraites resterait bien en place avec les propositions petitement réformistes du FdG puisque l’on estime que les retraites en dessous du Smic concernent actuellement 1,5 millions de personnes sur un total de 15 millions de retraités. 13,5 millions de retraités laissés sur le carreau, cela donne la mesure de la radicalité du FdG !

              Donc si la smicarisation des retraites est le programme du FdG, il faudrait là aussi qu’il le dise clairement !

              Clarté à gauche pour (com)battre la droite

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              • L’ennui avec les petits calculs d’Antoine, c’est qu’ils n’existent que sur le tableau noir. Le terrain du concret, ce sont les élections et les luttes.

                Les luttes se heurtent à "l’ordre" actuel et n’aboutissent pas (oui, les retraites, 72% des Français étaient pour !). Passons aux élections. Si vous votez FN-UMP-Bayrou-Hollande, et si la droite ou Hollande sont élus, vous n’aurez pas vos retraites. Antoine lui-même en convient : il ne faut pas compter sur le PS (Charléty !) Si vous votez Joly ou Arthaud ou Poutou, vous n’aurez pas non plus vos retraites, parce qu’ils ne seront pas élus (toujours Charléty !)

                Alors que faire de notre droit de vote, conquête révolutionnaire des luttes passées ? Se plier à une élection préfabriquée par les medias ? Encore cinq ans d’étouffoir sur les propositions de la gauche radicale ? Encore une génération sacrifiée (emploi, retraites, santé, éducation, agriculture, environnement, information, citoyenneté, sujétion à l’OTAN et au dollar) ? L’Europe austéritaire à perpète ?

                Qu’on le veuille ou non, il ne reste que le FdG comme stratégie offensive, à compléter et à perfectionner. Notre candidat est pour une constituante qui mettra fin au présidentialisme, et nous nous appuyons sur le NON de gauche au TCE pour mobiliser les citoyens. Cela fait une majorité légitime, consciente et combative, et qui, elle, va pouvoir l’emporter.

                Antoine compte-t-il à l’avenir sur les CRS pour convaincre les Français de devenir révolutionnaires ?

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                • vm fait ses petits calculs à elle mais en fait ce sont ceux de toujours des électoralistes de gauche qui ont reçu des coups de pieds aux fesses et qui en redemandent à chaque occasion. Cela a nom pseudovote utile. Car pour l’utilité il n’y a qu’à voir ce que cela a donné de voter Mitterrand ou Jospin. Une politique de droite menée par la gauche et, dans la foulée, une politique de droite par la droite. Demain peut-être par l’extrême droite. La présence des ministres communistes au gouvernement a été surtout utile pour créer de fausses espérances qui ont été payées au centuple par la désespérance qui a donné des voix ouvrières à Sarkozy et à Le Pen !

                  vm fait l’impasse sur ce que représente très concrètement la position, clandestine, ce qui en dit long déjà sur leur façon de gouverner avant même d’être au gouvernement, de Mélenchon et Laurent sur les retraites. vm ne voit pas que cet alignement sur un pan essentiel de la réforme de la droite (les annuités) et la façon de cacher cet alignement sont tout à fait dans la façon mitterrandienne (référence structurante chez Mélenchon) de faire de la politique. Et donc en contradiction totale avec le conte de fées politique que nous énonce vm sur le changement, blabla. Pour le coup le changement c’est déjà, rien que ça, rejet des 37,5, position pour les 40 ! Pourquoi ce reniement (frauduleux) n’en annoncerait pas d’autres ?

                  A suivre ci-dessous.

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                  • Enfin, pour ce qui est proprement des élections, vm fait comme le PS et criaille "vote utile, vote utile". Dans ce cas pour Mélenchon mais de toute façon dans la logique habituelle d’escamotage des enjeux politiques qui font du premier tour un 2e tour avant l’heure. Cette façon de faire est aussi à mettre au passif du FdG : c’est de la politique politicienne qui, comme toute politique politicienne, repose sur un appauvrissement du débat politique et appelle à un alignement simpliste, foncièrement apolitique malgré les apparences, derrière un leader. Un leader à qui on doit faire confiance. Ce sera sans moi.

                    Je fais le choix de Philippe Poutou qui, lui, reste sur la revendication historique du mouvement social sur les retraites (37,5 rabaissées à 35, cf Filoche) et se pose en indépendance totale vis-à-vis du PS contre la droite. Car on n’est pas contre la droite quand on reprend les 40 annuités de Fillon, approuvées par le PS. Que le FdG n’aille pas jusqu’aux 41,5 de ces deux compères, serait peut-être, à suivre vm, à mettre à son crédit ? Calamiteuse politique pseudoréaliste ! Je précise que voter Poutou peut tout à fait être compatible avec un appel à battre Sarko au 2d tour, y compris en votant pour Hollande sans problème puisque dès le premier tour on aura fait le cadrage politique que le FdG ne sait pas faire. Déjà sur les annuités retraite. Mais aussi sur l’annulation de la dette ou sur la nécessité d’interdire les licenciements ! Mais il est vrai que là on commence à s’engager dans de l’anticapitalisme, donc du non compatible par définition avec une alliance avec le PS. Alors que l’antilibéralisme...Même le PS peut s’en réclamer. Regardez Hollande, il fait de la finance son ennemi et celle-ci en tremble encore !

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                    • Ça continue (et mon raisonnement vaut aussi pour LO) ! En fait de poisson, Antoine se noie lui-même dans un verre d’eau... Il est resté coincé en 1981, il n’a pas encore mis sa montre à l’heure. Prisonnier de la formule Vème république, il croit que cette fois encore, au 2ème tour, on pourra écarter la droite.

                      Mais nous sommes en 2012, et au 2ème tour, cette fois, nous n’aurons plus le choix qu’entre gouvernance FMI et gouvernance FMI. En réalité, au printemps prochain, c’est au premier tour que l’on choisit, ou la continuation d’une politique d’austérité telle que l’Europe nous la prépare, ou la rupture.

                      J’ai déjà dit que je n’ai rien contre Ph.Poutou, je lui souhaite beaucoup de voix, et là n’est pas la question !

                      Antoine prétend faire une critique constructive, mais le dénigrement systématique du FdG, - qui a un bon programme de rupture avec le capitalisme, et un bon candidat -, ne rapportera RIEN à Ph.Poutou, et TOUT à F. Hollande.

                      Je constate qu’Antoine n’a pas l’air gêné d’encourager ainsi le vote utile... au bi-partisme, ainsi qu’à la brillante campagne du PS, qu’il croit déjà vainqueur.

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                      • C’est Mélenchon qui est resté coincé sur 1981 puisqu’il croit encore en Mitterrand ! Décidément vm a l’art d’inverser les situations. Quant à être à noyer le poisson, nous n’avons toujours rien chez vm toujours rien sur le cadavre des 37,5 annuités qui git au fond du verre à Mélenchon. Mais pour vm ce n’est pas important : ni le passage aux 40, ni la méthode qui consiste à le cacher au bon peuple. Cette politique qui ne fait pas ce qu’elle dit qu’elle fera (une révolution citoyenne !) ne gêne pas vm. Plus tard, elle viendra nous dire que si les salaires n’augmentent pas dans un gouvernement avec une dose de FdG, ce n’est pas grave. Si le chômage on n’arrive pas à l’eradiquer, eh bien, c’est parce qu’on ne peut pas tout faire...et que... et que. Bref la sempiternelle logique "groupique" du renoncement. Tout cela pour dire que vm veut nous scotcher justement sur les années mitterrandiennes dont elle n’a pas vraiment décroché : c’était l’époque où certains ne voyaient la politique que comme soutien à "notre" gouvernement malgré ce qu’il pouvait bien faire/défaire au détriment des travailleurs. Voilà donc l’innovation politique du FdG selon vm : repartir comme en 40 (en 1981), la fleur au fusil ...comme si l’histoire n’était que répétition du même. Avec la seule petite différence qu’il ne s’agit pas de s’aligner sur un PS mais sur un ex-PS, ex- ministre, flanqué de communistes ayant été des ex d’un gouvernement à renoncement social ! Tout ce que je dis ne relèverait d’un dénigrement systématique du FdG dit vm car, pour elle, l’idée de critique fondée sur du concret (les retraites) et un rappel du passé pour éclairer un présent qui veut le répéter, sont insupportables. Et cela lui est insupportable parce qu’elle ne peut rien objecter aux manoeuvres politiciennes que je pointe chez Mélenchon et Laurent. Du coup la fin, sur le vote utile que je favoriserais, devient illisible...

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                        • Non, moi mon repère, ce n’est pas 1981, au contraire (je vois encore avec amertume la dérisoire image de Pierre Juquin jubilant, alors que le PS avait déjà tout lâché !)

                          Mon repère, c’est 1968 suivi de 1969, et puis 2005. Ça, c’est du concret.

                          Mais il n’est pire sourd... Ben oui, Antoine n’écoute que lui, et c’est la fuite en avant dans le persiflage et la logorrhée.

                          Alors bye bye Antoine...

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                          • Bye bye, vm, vous n’êtes pas un modèle d’écoute quand vous ne répondez jamais à ce qui vous est objecté : vous me dites que je suis bloqué sur 1981, je vous renvoie au blocage de Mélenchon, de par son mitterrandisme affiché, à 1981 et à sa contribution ministérielle pour sa perpétuation calamiteuse. Et vous me répondez "non, moi, je ne suis pas calée sur 1981...". Lisez ce qu’on vous dit : Mélenchon est mitterrandiennement punaisé au passé et, confirme, sur les retraites, toutes les ficlles du mitterrandisme. Vous, votre problème c’est que vous êtes scotchée à un homme de 1981. Quoi que vous disiez et déniiez. Et vous acceptez, comme hier les mitterrandolâtres acceptaient tout (tous les coups) de leur idole, que Mélenchon mène en bateau le bon peuple sur les annuités retraites. Vous pouvez gesticuler en essayant de m’invalider, vous vous plombez toute seule : vous faites comme Mélenchon, vous taisez ce qui gêne. Vous avancez en accusant pour essayer assez vainement d’éviter d’être accusée de complaisance avec l’inacceptable en politique. Inacceptable, du moins, si on a un minimum de morale et de respect pour le peuple. Non seulement vous pâtissez de surdité politique, votre cécité non plus ne s’arrange pas. Cela donne une drôle d’allure à cette gauche qui prétend, rien que ça, à une révolution citoyenne. Assez pitoyable...

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  • Concernant la retraite à 60 ans avec 40 annuités, il faut prendre la peine de lire tout le programme du front de gauche car la réforme des retraites s’examine sur un projet social global :

    1° La mise en place d’une sécurité d’emploi et de formation assurant tout au long de la vie un revenu salarial que la personne soit en activité, en formation, à la recherche d’un emploi etc …Il s’agit de dépasser le marché capitaliste du travail où chacun vend sa force de travail en concurrence avec les autres travailleurs selon la loi de l’offre et de la demande.

    2° Toutes les périodes de formation ou de recherche d’un premier emploi dès l’âge de 18ans sont prises en compte pour le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite et donnent lieu à versement d’allocation d’autonomie (p.15à 17 du programme du front de gauche).

    3°L’âge légal de départ à la retraite est établi à 60 ans à taux plein avec prise en compte de la pénibilité donnant droit à départs anticipés. C’est possible dans la mesure où les périodes de formation et de recherche d’un premier emploi à 18 ans sont prises en compte (40+18= 58 ans).

    4°aucun salarié ne touchera de retraite inférieur au SMIC (le minimum vieillesse).

    Ceci dit, tout n’est pas écrit et il reste des questions en suspens et/ou à améliorer. C’est ce que dit le programme en préambule « Des ateliers législatifs avec tous ceux qui le souhaitent vont permettre de le compléter, de le renforcer, et de le traduire en mesures législatives encore plus précises. Ce livre aspire en 1er lieu à être enrichi, discuté, contesté même. Il veut provoquer le débat politique sans lequel il n’est pas de démocratie adulte, condition d’un peuple émancipé »

    Tout n’est pas parfait dans ce programme, raison de plus pour faire entendre votre avis et vos propositions pour aller plus loin.

    Simone Fayaud /PCF

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    • Je vous remercie d’essayer de pousser le débat. Il y a bien sûr des choses intéressantes dans ce que vous pointez mais je constate que la seule proposition chiffrée par le Front de Gauche pour les retraites est précisément celle qui pose problème 40/60/75. Tout le reste est vague et ne pèse donc pas de la même façon dans l’approche de la question des retraites. La crédibilité de l’ensemble s’en trouve affectée et il ne suffit pas de nous renvoyer à la possibilité d’amender ce programme : j’ai déjà écrit que cette possibilité, si elle n’est pas assortie de dispositions concrètes et contrôlables concernant l’organisation des débats, la consignation des propositions, les critères d’évaluation, etc., sera inévitablement perçue comme purement formelle. Une mise en débat avec possibilités d’amendements d’un texte donné est une chose éminemment complexe qui doit reposer sur une organisation transparente montrant qu’elle n’est pas un jeu de dupe réservant à un comité "supérieur" le soin de décréter ce qui est ou n’est pas recevable.

      Pour revenir sur le fond : vous n’expliquez pas la rationalité politique et sociale qu’il y a à partir (je reste dans votre hypothèse qu’un débat pourrait infléchir la chose) des 40 annuités imposées par la droite ? Dit autrement : pourquoi ne pas partir de la revendication de référence : les 37,5 annuités ? Convenez que c’est plus que troublant que la radicalité postulée du FdG coince sur un sujet si sensible. Pourquoi, à suivre cette démarche sur les 40 annuités, ne pas partir d’une revendication de Smic à 1399,01 € nets au lieu des 1700€ annoncés ? Suffirait-il d’inviter à débattre sur la question pour se dispenser de reconnaître que ce serait une faute politique et sociale de démarrer à ce niveau ?

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