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L’éditorial de la Tribune des Travailleurs

Encore une fois d’un point de vue ouvrier

par Daniel Gluckstein, secrétaire national du POID

jeudi 15 décembre 2016

Cela s’appelle le Quantitative Easing : chaque mois, la Banque centrale européenne injecte 80 milliards d’euros sur les marchés financiers pour racheter des titres détenus par des institutions financières.

Ce programme dure depuis près de deux ans.

Le 8 décembre, Mario Draghi, président de la BCE, a annoncé sa reconduction jusqu’à la fin de 2017. A cette date, les 1 500 milliards d’ores et déjà injectés par la BCE atteindront les 2 280 milliards d’euros.

Le motif officiel est la relance de la machine économique. Dans les faits, la BCE reconnaît l’absence de toute reprise, notamment en France.

Alors, où sont passés les 1 500 milliards (*) ? Pas dans la création d’emplois. Au contraire : tandis que les dirigeants de la BCE consacrent des milliers de milliards au renflouement des banquiers et des capitalistes, en France, les emplois sont liquidés par milliers à Alstom, Airbus, PSA, Arcelor, Renault ; de 200 000 à 300 000 emplois sont menacés dans la fonction publique territoriale, 22 000 lits supprimés dans les hôpitaux, etc. Et ils veulent continuer !

« Si des milliers de milliards d’euros sont ainsi disponibles, pourquoi un gouvernement favorable aux travailleurs ne pourrait-il pas en disposer pour sauver l’emploi ? » A cette interrogation de bon sens, les grands de ce monde répondent invariablement que c’est interdit par le traité de Maastricht, qui a confié à la BCE une seule mission : garantir la stabilité de l’euro. Et cela est vrai.

Il en découle qu’un gouvernement déterminé à défendre réellement la classe ouvrière et la démocratie n’aurait pas le choix : il lui faudrait convoquer l’Assemblée constituante souveraine et soumettre aux délégués du peuple les mesures d’urgence qui s’imposent. Pour commencer : rompre les liens avec l’Union européenne, se désengager de la BCE et de l’euro, appeler les peuples d’Europe à démanteler ensemble les institutions d’oppression de Bruxelles et de Francfort, prendre le contrôle de la création monétaire, des banques et des leviers principaux de l’industrie pour imposer le maintien de tous les emplois, l’arrêt des plans de licenciements, la renationalisation des services publics, etc.

C’est pour ces raisons que le Parti ouvrier indépendant démocratique combat pour la rupture avec l’Union européenne. C’est pour ces raisons qu’il sera présent le 18 mars au mur des Fédérés, partisan du gouvernement de la Commune, du « gouvernement à bon marché », pour le peuple et par le peuple.

(*) Il est frappant de constater que dans le prétendu débat électoral actuel, personne ne semble s’en émouvoir. Qui exige maintenant et tout de suite la dissolution de la Banque centrale européenne, le démantèlement de l’euro ? Aucun des « grands » candidats. Tous acceptent le cadre, les plus radicaux poussant l’audace jusqu’à promettre de « réorienter » la politique monétaire et la BCE. Mais « réorienter » la BCE en un instrument au service des travailleurs est à peu près aussi réaliste que de vouloir convertir le Vatican en un centre de propagande pour le matérialisme athée.

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